lundi 23 juillet 2012

Contre Fillon, Raffarin choisit Copé

Jean-François Copé, François Fillon et Jean-Pierre Raffarin,le 4 septembre 2011 lors du Campus UMP à Marseille
Jean-François Copé, François Fillon et Jean-Pierre Raffarin,le 4 septembre 2011 lors du Campus UMP à Marseille (Photo Gerard Julien. AFP)

Récit Le sénateur de la Vienne mise sur le secrétaire général de l’UMP pour prendre la tête du parti.

Par ALAIN AUFFRAY
Au menu de Jean-Pierre Raffarin : la vengeance. Un plat que l’ancien Premier ministre mange à toute heure, froid ou tiède, peu lui importe, dès lors qu’il s’agit de dézinguer François Fillon. Dans le Monde daté dimanche et lundi, il s’en donne à cœur joie. «Je n’ai rien contre François Fillon», attaque-t-il dans un bel euphémisme. La suite est plus franche : le candidat à la présidence de l’UMP est «secret et solitaire», il n’a donc absolument pas «le profil d’un chef de parti».
Tout le contraire de Jean-François Copé qui a, lui, parfaitement le profil. Oubliant ses critiques sur le cours trop droitier et pas assez humaniste de l’UMP, Raffarin estime que le député-maire de Meaux (Seine-et-Marne) se situe au «centre de gravité» du parti. Il lui «sait gré» d’avoir proposé la création de courants - baptisés «mouvements» - dotés de moyens financiers.
Le sénateur confirme dans son interview qu’il entend défendre aujourd’hui en vue du congrès de novembre une motion de la «droite modérée». Protecteur des centristes, Copé aurait une autre qualité, plus précieuse encore : «Il marche aussi à l’affectif», s’attendrit Raffarin, en référence au titre de son dernier ouvrage : Je marcherai toujours à l’affectif (Flammarion).
A l’inverse du solitaire Fillon, Copé a «le sens de l’équipe», c’est un «excellent organisateur» qui sait «faire preuve de fidélité». Pour le Girondin du Poitou-Charentes, cette accumulation de qualités se résume en une formule savoureuse : «Il y a du Chirac en lui.»

Impuissance. Le nom de l’ancien président ne vient par hasard. Il renvoie aux sources de la haine entre les deux ex-Premiers ministres. Comme Sarkozy, Fillon considère que les années Chirac sont dominées par l’hypocrisie, la lâcheté et l’impuissance politique. De Chirac, «on ne retiendra que mes réformes», avait osé Fillon après sa sortie du gouvernement Raffarin en 2004, alors qu’il était devenu le théoricien de la rupture sarkozyste.
Le sénateur de la Vienne n’a jamais pardonné cet affront. Pendant l’été 2010, il avait été en première ligne dans le combat pour la nomination de Jean-Louis Borloo à Matignon. Pas plus que celui de chef de parti, Fillon n’a «le profil» d’un chef de gouvernement : «Nous n’avons pas fait le même métier», confiait Raffarin à Libération, ramenant son successeur à son rang de simple «collaborateur» de l’hyperprésident Sarkozy.
Pièce maîtresse de l’offensive du secrétaire général de l’UMP, le ralliement de Raffarin n’est pas une surprise. Pour tous les cadres de l’UMP, c’était même une évidence. Mais ce soutien de poids ne va pas sans quelques inconvénients : les ultrasarkozystes s’agacent des états d’âme du Pictocharentais sur la dérive droitière de la campagne présidentielle.
Il les exprime d’ailleurs de nouveau dans son interview du week-end. Certes, le bilan est «globalement positif». Mais Raffarin ne veut pas s’interdire de faire le bilan critique de la présidence Sarkozy qui a stressé le pays en lui opposant un brillant exercice «solitaire» du pouvoir. Voilà qui pourrait embarrasser Copé qui se pose en meilleur défenseur de Sarkozy et dénonce comme il se doit les traîtres qui se permettent de parler d’inventaire, comme l’a fait Roselyne Bachelot, l’amie intime de François Fillon.
Gardien du temple sarkozyste, Brice Hortefeux ne goûte guère les dernières raffarinades. Pas plus qu’il n’apprécie Rachida Dati dans le rôle de porte-parole officieuse du candidat Copé. En dépit de sa vieille amitié pour ce dernier, Hortefeux pourrait être tenté de ne pas choisir.
Rival. Les militants effarés par la guerre Copé-Fillon pourront peut-être se tourner vers un autre champ de bataille, moins violent mais très prometteur. Nathalie Kosciusko-Morizet, 39 ans, a en effet annoncé ce week-end qu’elle se lançait, elle aussi, dans la compétition. «Je lance dès la semaine prochaine ma campagne en partant à la recherche des 8 000 parrainages» d’adhérents, a déclaré samedi la députée de l’Essonne. Si elle se pose en «alternative» ou «troisième voie», elle prend soin de souligner que sa candidature n’est «pas du tout dirigée contre l’un ou l’autre» des deux hommes forts de l’UMP. Elle assure y voir au contraire «une démarche apaisante», à l’instar de celle, avortée, d’Alain Juppé, pour éviter «un combat des chefs avant l’heure».
L’ancienne ministre de l’Ecologie a peut-être une autre raison, moins avouable, de lancer sa candidature : barrer la route à son ex-collègue de l’Agriculture, Bruno Le Maire, qui pourrait être son principal et ambitieux rival dans la course au leadership parmi les jeunes quadras de l’UMP. Le 18 novembre, les militants de l’UMP, pour désigner le futur chef de la droite, pourraient avoir un choix plus large que l’affrontement Copé-Fillon qui semblait devoir se dessiner.
http://www.liberation.fr/politiques/2012/07/22/contre-fillon-raffarin-choisit-cope_834880

De plus en plus de Français souhaiteraient vivre à Londres

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Par Sophie Amsili Mis à jour | publié Réactions (24)
Londres est déjà considérée comme la sixième ville de France par son nombre d'habitants.
Londres est déjà considérée comme la sixième ville de France par son nombre d'habitants. Crédits photo : Kirsty Wigglesworth/ASSOCIATED PRESS

Les Français sont plus nombreux à rechercher en ligne des propriétés londoniennes, notamment celles de grande valeur.

David Cameron n'a pas besoin de faire du pied aux Français. Tandis que le premier ministre britannique annonce un «tapis rouge» aux entreprises hexagonales qui souhaitent échapper à la taxe à 75% promise par François Hollande, les agences immobilières londoniennes constatent, elles, un nombre grandissant de clients français désireux de s'installer dans la capitale britannique.
Avec une communauté française qui ferait d'elle la sixième ville de France par son nombre d'habitants, Londres continue en effet d'attirer de nouveaux Français. Mais depuis quelques mois, une nouvelle tendance s'installe, selon le cabinet de conseil en immobilier britannique Knight Frank: ce sont les ultra-riches qui, comme les Italiens, les Grecs, et les Espagnols songent à un exil fiscal. Et multiplient les recherches en ligne concernant des propriétés londoniennes de grande valeur depuis le début de l'année. «Nous constatons une forte augmentation de l'intérêt des investisseurs français qui cherchent à déménager rapidement avant que la nouvelle taxe sur le revenu proposée par Hollande n'entre en vigueur», affirme ainsi Liam Bailey, directeur de la recherche en immobilier résidentiel chez Knight Frank.
Depuis janvier, les recherches de propriétés londoniennes par des Français sur le site de Knight Frank ont progressé de 32%. C'est plus que les Allemands (+16%) et les Grecs (+13%) mais moins que les Italiens(+51%), les Portugais (+48%) et les Espagnols (+63%).

+30% pour les biens valant plus de 5 millions de livres

Mais les Français se distinguent par le prix des biens recherchés. Knight Frank a enregistré une augmentation de 19% des recherches en ligne de Français intéressés par des appartements dans les quartiers les plus chers de Londres. À l'inverse, les recherches pour les mêmes propriétés par d'autres Européens se sont repliées de 9%.
Les chiffres de Knight Frank montrent même que plus le prix du logement est élevé, plus les internautes français se pressent: les recherches ont ainsi progressé de 10,9% pour les appartements vendus entre 1 million et 5 millions de livres (1,2 million à 6 millions d'euros). Elles grimpent de 30% pour les biens proposés à plus de 5 millions de livres. En revanche, les appartements à moins de 1 million de livres accusent presque le même désintérêt de la part des Français que des autres Européens...
Cependant, pour l'agence immobilière londonienne Marsh & Parsons, tous les Français désireux de déménager à Londres ne sont pas des ultra-riches: «Les recherches sur notre site en provenance de France ont augmenté d'environ 20 à 25% mais nous n'avons pas encore vu d'impact sur les ventes. Il ne s'agit pas seulement de personnes à hauts revenus qui cherchent à déménager à Londres, mais aussi de jeunes gens avec des salaires plus modestes.»
Marsh & Parsons relativise également l'impact de la taxe à 75%: «L'ouverture d'écoles françaises dans des quartiers près de Kensington et Chelsea, comme à Fulham et Chiswick, signifie que de nouveaux Français vont s'intéresser à Londres. Et pas nécessairement à cause des projets de taxation des riches en France.»
LIRE AUSSI:
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Heureux comme un Français à Londres

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Par Cyrille Vanlerberghe Mis à jour | publié Réactions (25)

INFOGRAPHIES - Ils ont fait leur vie dans la capitale britannique, apprécient son dynamisme économique et sa qualité de vie. Ils témoignent.



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«Londres est désormais la sixième ville de France», s'était amusé Nicolas Sarkozy à l'occasion de sa visite d'Etat en Grande-Bretagne en 2008. Avec une population estimée entre 300.000 et 400.000 personnes, la communauté française est devenue en quelques années l'une des plus importantes minorités étrangères de la capitale britannique. En dépit de la crise financière qui a ébranlé la City et durement touché l'économie du royaume, Londres semble attirer toujours autant les Français, qui sont de plus en plus nombreux à monter dans l'Eurostar pour traverser la Manche. «Nous n'avons enregistré aucune baisse du nombre d'inscrits sur nos listes pendant et après la crise», assure Edouard Braine, consul général de France à Londres, dont les bureaux sont installés à South Kensington, le quartier au cœur de la vie tricolore, avec ses cafés et librairies françaises fièrement installés autour du lycée Charles-de-Gaulle.
Malgré le départ de nombreux Français après la chute brutale de Lehman Brothers, fin 2008, les nouveaux arrivants ont plus que compensé les départs. Finalement, la crise n'a pas fondamentalement remis en cause les raisons de la formidable attractivité de la capitale anglaise: une ville qui bouge, ouverte sur le monde et dotée d'un marché du travail hyperflexible.«On a ici l'opportunité unique de pouvoir travailler avec tous les pays et toute l'Europe de la finance», apprécie Laurent Féniou, élégant banquier dans la très discrète banque d'affaires Rothschild, qui a trouvé à Londres la carrière internationale dont il avait toujours rêvé depuis son enfance à Narbonne. Pour Stephan Caron, ancien champion de natation qui a parfaitement réussi sa reconversion professionnelle dans la finance après les JO de Barcelone, s'installer à Londres fut presque une évidence: «J'ai travaillé au départ dans quelques banques à Paris, mais c'est encore loin du niveau de la City, explique-t-il. C'est aussi beaucoup plus facile de travailler ici, car les Anglo-Saxons sont beaucoup plus décomplexés par rapport à l'argent.» Il tient en revanche à infirmer l'idée fausse selon laquelle on paie moins d'impôts en Angleterre qu'en France. Avec l'absence de quotient familial et un taux d'imposition sur le revenu de 50% pour les plus riches, de nombreuses familles françaises paient des impôts plus lourds en Grande-Bretagne.

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Mais si la City joue encore un rôle majeur dans l'économie britannique, l'attractivité de Londres dépasse de loin le seul domaine de la finance. «A Londres, on a toujours l'impression que quelque chose va se passer et qu'on va être surpris. On y trouve la diversité et la richesse ethniques, culturelles et intellectuelles de New York, mais tout en étant à proximité de l'Europe», apprécie Raphaëlle Khan, jeune étudiante parisienne de 24 ans, qui vient de finir son master d'affaires européennes à la London School of Economics. Crise ou non, c'est en Angleterre qu'elle a décidé de chercher son premier emploi. Elle sait que le marché du travail est beaucoup plus ouvert qu'en France et que ses études plutôt spécialisées ne devraient pas l'empêcher de trouver des postes assez variés. «Les Anglais ne sont pas très attachés aux intitulés des diplômes, ils s'intéressent beaucoup plus à l'expérience», explique-t-elle.
Un constat que confirme à 100% Clémence de Crécy, une jeune Française qui a créé avec succès sa propre entreprise de relations presse à Londres. «Après un peu moins d'un an d'expérience dans la communication en Angleterre, j'ai postulé pour des postes de chef de projet en France, raconte-t-elle. Mais on ne m'a proposé que des stages ou des postes très juniors, je suis donc restée en Grande-Bretagne, où on m'a donné ma chance.» Comme bien des Français expatriés, cette jeune entrepreneuse déplore le poids des charges salariales et les lourdeurs administratives dans son pays d'origine. «Quand j'ai voulu ouvrir une structure à Paris, en 2009, ça m'a pris trois mois, alors que pour créer mon entreprise en Angleterre, j'avais tout fait sur internet en vingt-quatre heures», témoigne-t-elle. Totalement intégrée dans la vie londonienne, elle n'envisage plus de rentrer en France comme 30% des personnes interrogées dans notre sondage.


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Eric Chemla, chirurgien installé à Londres depuis 2002, est encore plus critique sur les archaïsmes et les lourdeurs du système français. «Je me suis heurté à la politique de nomination dans les hôpitaux français, ça ne marchait que par réseau, connexions et copinage», se souvient-il. Ecœuré par «les vacations payées 11000francs par mois» qu'on lui proposait dans un important hôpital public parisien, à 34 ans, avec une spécialité de chirurgien vasculaire, il a répondu à une offre d'emploi anglaise sur internet. Sélectionné en 2002 «au terme d'une procédure d'embauche très carrée, très transparente», il devient chirurgien au St George's Hospital, un grand établissement public dans le sud-ouest de la capitale. Neuf ans plus tard, il dirige un tiers des services de l'hôpital, soit plus de 2 000 personnes. «Ils m'ont donné ma chance, et je leur serai reconnaissant à vie», déclare-t-il avec une émotion sincère. Symbole de sa volonté d'intégration, il a acheté une jolie maison dans l'un des très nombreux quartiers résidentiels de la capitale, a pris la nationalité britannique et a inscrit ses trois enfants dans le système scolaire britannique. «Jamais je ne retournerai en France pour travailler. Jamais!» affirme Eric.
«Je suis arrivé en 1991 pour apprendre l'anglais et j'avais l'intention de rester un an», explique Thierry Tomasin avec un bel accent du Sud-Ouest. Vingt ans après avoir démarré comme simple commis serveur, cet ancien joueur de rugby s'est imposé comme l'un des meilleurs sommeliers de Grande-Bretagne et est désormais le patron de son propre restaurant, l'Angélus, qu'il a ouvert en 2007 dans le quartier chic de Bayswater, au nord de Hyde Park. «Je ne pense pas que j'aurais pu faire ça en France, estime-t-il. En Grande-Bretagne, on donne à celui qui en veut et qui travaille dur la possibilité de réussir. En France, il faut attendre que quelqu'un meure ou parte à la retraite pour prendre sa place.» Avec des étincelles dans les yeux, le Gascon qui a grandi à Beaumont-de-Lomagne raconte comment son parcours l'a amené à «servir la reine Elisabeth lors d'un dîner privé» et «à faire la cave personnelle de Brad Pitt».
Et si la majorité des Français sont venus en Angleterre pour des raisons professionnelles, ils sont aussi nombreux à trouver que la qualité de vie peut y être excellente. «Au départ, je n'avais aucune envie de quitter Paris, que j'adorais, explique Charlotte du Jour, illustratrice et mère de trois enfants, qui a dû suivre son mari, J'avais une image terne et triste de Londres, qui s'est révélée complètement fausse. J'apprécie les très nombreux espaces verts, la propreté générale et le fait que les gens sont respectueux, moins agressifs qu'à Paris.» Elle avoue tout de même que l'intégration n'a pas été facile, notamment à cause de son niveau d'anglais, et qu'il lui a fallu deux ans pour apprécier son nouveau lieu de vie.
Même constat pour le rugbyman Serge Betsen, qui a quitté Biarritz en 2008 pour terminer sa brillante carrière au club londonien des Wasps. «J'avais fait le choix de venir en Angleterre à la fois pour découvrir le rugby anglo-saxon et pour apprendre la langue, que je considérais comme indispensable pour préparer mon après-rubgy, explique l'ancien troisième-ligne de l'équipe de France, âgé de 37 ans. Au quotidien, avec ma femme et mes deux enfants, ça n'a pas été évident, et cela nous a demandé beaucoup de détermination et de patience pour nous intégrer.» Attablé à la terrasse ensoleillée d'un café près de son domicile d'Ealing, dans l'ouest de Londres, Serge Betsen paraît désormais heureux, et prend plaisir a dénoncer un cliché tenace. «Tout ce que l'on m'avait dit sur le mauvais temps londonien est faux, s'amuse-t-il. Ici, il pleut beaucoup moins qu'à Biarritz!»

Clémence de Crécy

Chef d'entreprise


Après un premier passage en Angleterre en1999, dans le cadre d'études de droit, Clémence de Crécy est rentrée en France pour suivre une formation de marketing. Jeune diplômée, c'est à Londres qu'elle trouve tout de suite un vrai boulot en CDI dans une agence de communication. A seulement 27ans, elle se lance et crée sa propre entreprise de relations presse à Londres, Clémentine Communications, qui emploie désormais huit personnes à Londres et trois à Paris. Clémence est mariée avec un Anglais et mère de deux jeunes enfants.

Stephan Caron

Banquier, ancien champion de natation


Malgré son très beau palmarès en natation, avec deux médailles olympiques et un titre de champion d'Europe, Stephan Caron était en fait destiné à la finance. «Depuis que je suis gamin, j'ai toujours rêvé de travailler dans la City», explique-t-il. Il a réussi à mener sa carrière sportive tout en continuant ses études de commerce à Paris, à l'ISG, puis à l'ESCP. Après les Jeux de Barcelone en1992, il commence sa carrière financière dans une grande banque à Paris. Aujourd'hui, à 44ans, il a réalisé son rêve et dirige une équipe de 200personnes au sein d'une grande banque américaine spécialisée dans le financement d'entreprises et de projets industriels.

Raphaëlle Khan

Jeune diplômée


Un père d'origine indienne, une mère française, Raphaëlle Khan a fait toute sa scolarité à Paris. Lors de sa troisième année à Sciences Po, elle part à New York: «J'ai beaucoup aimé être expatriée, mais New York m'oppressait et j'avais envie de rentrer en Europe», raconte-t-elle. Elle arrive à Londres à l'automne 2009 dans le cadre d'un double master d'affaires européennes entre Sciences Po et la London School of Economics. La diversité ethnique et culturelle ainsi que le dynamisme de la capitale anglaise ont séduit Raphaëlle, qui cherche son premier emploi à Londres.

Thierry Tomasin

Restaurateur, patron de l'Angélus


Originaire de Gascogne, Thierry Tomasin est arrivé à Londres en1991 à l'âge de 20ans pour apprendre l'anglais. Il commence comme simple commis serveur au Gavroche, l'un des meilleurs restaurants de la capitale anglaise, deux étoiles au Guide Michelin. Il travaille dur, et le chef Michel Roux lui confie les clés de sa cave alors qu'il n'a que 21ans. Thierry Tomasin devient un sommelier réputé, élu meilleur ouvrier de Grande-Bretagne en1996. En2007, il ouvre son propre restaurant, l'Angélus, dans un quartier proche de Notting Hill.

Charlotte du Jour

Dessinatrice, www.charlottedujour.com


Même si son vrai nom est Charlotte Renon, ses fans, à Londres comme en France, la connaissent sous le nom de Charlotte du Jour, son pseudo sur le blog homonyme qu'elle a lancé en 2008. L'idée était de réaliser un dessin humoristique par jour, sur des thèmes inspirés de son quotidien et de son groupe d'amies de l'école française de Fulham, dans le sud-ouest de Londres. Le succès aidant, avec 90 000 visiteurs l'année dernière, Charlotte du Jour dessine désormais à plein temps pour des clients en Angleterre, en France et dans le mondeentier.

Eric Chemla

Chirurgien


«Je suis arrivé à Londres le 30 août 2002», se souvient avec précision Eric Chemla. Avant de se décider à quitter la France, ce chirurgien vasculaire spécialiste de la transplantation ne se voyait proposer que des vacations payées une misère dans un grand hôpital parisien. Neuf ans après avoir traversé la Manche, le chirurgien français a pris du galon et dirige désormais un tiers des services du St George's Hospital de Londres. Ses trois enfants vont dans une école anglaise, il a pris la nationalité britannique et n'envisage pas de rentrer en France.
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Moi Laura, 19 ans, étudiante et prostituée

2008

Enquete 16/01/2008 à 18h34

Caroline Vigoureux | Etudiante en journalisme




Laura a 19 ans. Le jour, elle est étudiante. La nuit, ponctuellement, elle se prostitue. En plus de ses vingt heures de cours, elle travaille quinze heures par semaine dans une boite de télémarketing. Entre les factures, le loyer, les transports… elle n’arrive pas à joindre les deux bouts pour financer ses études.
Laura se situe dans la « fourchette fatale » : ses parents ne sont pas assez « pauvres » pour qu’elle bénéficie d’une bourse, mais pas assez « riches » pour pouvoir la soutenir financièrement. Lorsqu’elle se rend au Crous pour y trouver une aide, on l’oriente vers les Restos du cœur. Mais Laura ne « veut pas voler la place des gens qui n’ont plus rien » , explique-t-elle à Rue89.
Ambitieuse, en quête d’accomplissement professionnel, Laura tombe dans la spirale du sexe tarifé pour financer sa vie étudiante. « Dès le moment où l’on répond à une annonce, on est déjà dans l’engrenage » , retrace-t-elle aujourd’hui. A travers un témoignage brut et poignant, elle raconte sa plongée dans le milieu de la prostitution via Internet dans son livre « Mes chères études » , qui paraît ce jeudi. On y lit notamment :
« Pas de fric, des factures qui m’en réclament, un appart à payer. (…) Jamais un rond dans les poches, obligée de frauder les transports, une vie vaguement insupportable. Incommodante parfois, souvent embarrassante au moment de la note, mais on s’y fait. Je me dis que les ’massages’ me permettraient aisément le luxe de pouvoir choisir. Je ne réalise pas que c’est précisément tout l’inverse qui est en train de se produire : je n’aurai plus jamais le choix. »
Pour une heure, Laura gagne entre 100 et 150 euros. Une rémunération alléchante qui la plonge dans le vice de « l’argent rapide mais pas facile » .

Internet, une protection illusoire
En quelques clics sur la toile, Laura s’improvise « escort girl » :
« Je me sentais protégée derrière l’écran mais c’était un leurre, car au rendez-vous, j’étais toute seule et personne ne pouvait m’aider. »
C’est en lisant une annonce sur Internet que Laura s’est laissée entraîner dans les rouages de la prostitution : « Jeune homme de 50 ans recherche masseuse occasionnelle. Etudiantes bienvenues. » Au premier rendez-vous, le client lui lâche 250 euros. Pour Eva Clouet, auteure du livre « La prostitution à l’heure des nouvelles technologies de communication » , « l’interface avec l’écran représente une protection illusoire » :

« La première raison pour laquelle les étudiantes se prostituent reste le besoin d’argent. Ce sont des personnes issues de la classe moyenne. Les deux parents travaillent mais ne peuvent pas toujours financer les études de leurs enfants. »
Plus qu’une nécessité financière, la prostitution représente pour certaines d’entre elles un moyen de sortir du carcan familial, à travers lequel elles ont reçu une éducation sexuelle très cadrée :
« Elles ont souvent souffert de ces interdits inculqués à l’adolescence. Pour rompre avec la morale familiale, la prostitution est la réponse forte à une société normalisante et contraignante. »
Et d’ajouter que « la prostitution n’est pas seulement une affaire de femmes, certains hommes se prostituent pour financer leurs études mais ils restent relativement minoritaires » .

Paupérisation du public étudiant
Le témoignage de Laura n’est pas un cas isolé et révèle un réel malaise de société : la précarité étudiante. En 2006, le syndicat SUD-Etudiants estimait à 40000 le nombre de prostitués étudiants. Un chiffre publié pour attirer l’attention du gouvernement sur les conditions de vie étudiante, au moment de la loi sur l’égalité des chances. Mais cette approximation est à nuancer puisque aucune étude statistique n’a encore été menée.
Alors que les dépenses obligatoires ont connu une hausse de 23%, les bourses universitaires et allocations logement n’ont, elles, augmenté que de 10%. Financer ses dépenses étudiantes devient dans ce contexte de plus en plus complexe : 100 000 étudiants vivent sous le seuil de pauvreté (environ 650 euros par mois).
Pour Eva Clouet, « la prostitution étudiante met en avant l’inégalité des chances pour réussir à l’université. Les réponses des pouvoirs publics ne sont pas adéquates » , lâche t-elle, un brin amère.
« Il faut arrêter de fermer les yeux sur un sujet tabou. Si certains disent que c’est un phénomène marginal, je pense au contraire que la prostitution étudiante ne fait que s’amplifier » , regrette Laura. Aujourd’hui, elle ne se prostitue plus mais refuse de s’avancer pour l’avenir.
► « La prostitution étudiante à l’heure des nouvelles technologies de communication », d’Eva Clouet (Max Milo éditions)
► « Mes chères études. Etudiante, 19 ans, job alimentaire : prostituée », de Laura D. (Max Milo éditions)
http://www.rue89.com/2008/01/16/moi-laura-19-ans-etudiante-et-prostituee 

Bobigny : la préfecture maltraite ses employés et ses immigrés

2010

Sur le terrain 24/09/2010 à 20h29
Camille Garcia | Etudiante en journalisme


Les uns sont au bord de la dépression, les autres sont « traités comme des bêtes » : la préfecture de Bobigny craque. Reportage.


La file d’attente devant la préfecture de Bobigny (Camille Garcia/Rue89)
Il est 6h15. Du matin. A peine sorti du métro, on aperçoit entre 200 à 300 personnes, les unes allongées sur des cartons, les autres coincées contre des barrières métalliques, en file indienne. C’est un jour ordinaire devant la préfecture de Bobigny.
Rien de neuf sous le ciel de Seine-Saint-Denis. Le livre noir présenté mardi par un collectif de dix-huit associations de défense des immigrés remet juste un coup de projecteur sur des conditions d’accueil indignes.

« Si tu ne dors pas ici, tu ne rentres pas »

M. et Mme Furumé sont parmi les premiers dans la file qui ne cesse de s’allonger devant la porte 2, pour la délivrance des titres de séjour. Lui est arrivé à 23 heures la veille et a passé la nuit sur un carton, avant d’être rejoint par son épouse vers 6h30. Cela fait dix ans qu’ils viennent tous les ans renouveler leurs titres de séjour, ils ont l’habitude :
« Si tu ne dors pas ici, tu ne rentres pas. »
Parfois, ils sont obligés d’amener leurs trois enfants :
« Là, il fait bon. Mais imaginez lorsqu’il pleut ou qu’il fait -2°C... On nous traite comme des bêtes, et une fois à l’intérieur, c’est l’indifférence. »
Kamel, jeune homme de 23 ans, raconte :
« Il y quatre ou cinq ans, en venant à 2 ou 3 heures du matin, j’étais sûr d’être dans les premiers. Maintenant, il faut dormir ici. »
Il est rejoint par un « pote » accompagné d’une femme qui veut passer devant les autres. Elle lui a acheté une place. Le jeune homme argumente : « Elle est malade, elle est handicapée, faut la laisser passer ». Mais la colère gronde parmi ceux qui sont là depuis la veille.
Pascale, jeune femme aux cheveux tressés, lâche :
« Moi je suis enceinte et je suis là depuis 5 heures du matin. »
La place se négocie de 10 à 50 euros. Ali Shah, un Pakistanais de 32 ans, raconte :
« Ce sont beaucoup d’Indiens qui font ça, ils dorment ici et après, ils essayent de revendre leurs places. Mais parfois, ils repartent sans rien. »
Aicha Sédibé, elle, est en colère de devoir subir un tel traitement :
« Moi j’étais là depuis 5 heures du matin, ils m’ont reçue à 9 heures. C’est fatigant parce que rien ne change, là ça va, il ne fait pas trop froid, mais l’hiver... On est traité comme des moutons, et franchement, on ne mérite pas ça ! » (Voir la vidéo)


accueil indigne des étrangers à la préfecture de... par rue89

Vers 7h30 arrive Jamaa, « la dame au café à la cannelle ». Tous les jours, elle vient distribuer son précieux breuvage, 60 centimes le gobelet.
Saliha, 35 ans est Algérienne. De 2001 à 2007, elle est venue ici une trentaine de fois avant d’obtenir un titre de séjour valable dix ans. Aujourd’hui, elle accompagne sa jeune sœur et, en est sûre : « Toute la période d’attente, toutes ces démarches qui s’éternisent, c’est pour nous décourager, pour qu’on abandonne. Faut pas lâcher ! », s’exclame-t-elle.

« Ah non, ce n’est pas la bonne file, au revoir »

Vers 8h30, ça s’agite, les policiers arrivent, et le filtrage des agents de la préfecture commence. « Vous avez toutes les pièces nécessaires ? Allez-y madame ». « Ah non, ce n’est pas la bonne file, au revoir. » La jeune femme voilée repart, les larmes aux yeux.
Il est 9 heures, Fati Hassin et son fils Fahmi, d’origine tunisienne, ressortent. Le père a obtenu la nationalité française depuis presque dix ans, mais son fils est né en Tunisie, alors il doit renouveler sa carte de séjour :
« J’ai passé toute la nuit ici pour passer le premier ou le deuxième, après mon fils m’a rejoint, et chaque fois que je viens ici c’est la même chose, il faut dormir ici pour avoir un ticket. [...] Il manque de personnel, [...] c’est difficile aussi pour eux, ils sont courageux aussi... » (Voir la vidéo)


 
accueil indigne des étrangers à la préfecture de... par rue89

Des agents de la préfecture au bord de la dépression

Daniel Lafon, permanent syndical CFDT à la préfecture de Bobigny, explique :
« Les conditions de travail au sein de la Direction de l’immigration et de l’intégration (DII) ne sont pas bonnes. Nous nous battons pour améliorer les conditions de travail des agents et par conséquent, nous améliorerons celles des usagers. »


La file devant la préfecture de Bobigny (Camille Garcia/Rue89)
La Seine Saint-Denis est le département où le nombre d’étrangers est le plus important en France. Les données du recensement de 2007 indiquent que les immigrés sont au nombre de 402 000 et représentent plus du quart de la population de la Seine-Saint-Denis, 26,75 % exactement.
La préfecture de Bobigny est une des rares préfectures à posséder une DII, avec la préfecture du Nord, et accueille entre 1 500 et 1 800 personnes par jour. Daniel Lafon raconte :
« Actuellement, c’est l’équivalent d’une plateforme téléphonique, les ordinateurs des agents sont minutés, environ huit minutes par usager, et nous appliquons une politique de quotas. »
Chacun reçoit une soixantaine de personnes par jours, « comment voulez-vous expliquer la réglementation française en si peu de temps ? Et parfois à des personnes qui ne parlent pas le français. »
Les agents sont majoritairement très jeunes, parfois même stagiaires ou intérimaires et se retrouvent « bombardés » au guichet et se forment sur le tas. Il y a beaucoup de provinciaux ou d’Antillais, peu sont volontaires pour le 93.
Résultat : dépressions nerveuses, absentéisme et des demandes de mutation qui se multiplient, +12% en 2010 selon la CFDT. Le défilé des préfets n’arrange pas non plus les choses. Daniel Lafon confie :
« Depuis 2003, j’ai vu passer sept préfets. On a parfois l’impression de rabâcher et que rien ne bouge. »
Un groupe de réflexion pour améliorer les conditions de travail des agents de guichet devrait être créé prochainement.
Le préfet, Christian Lambert, a en effet reconnu que les conditions d’accueil s’étaient dégradées. Vendredi dernier, dans un communiqué de presse, il a indiqué :
« Des actions de réorganisation lourde sont actuellement en cours et vont porter leurs fruits dans les prochains mois. »
Un accueil dédié aux étrangers devrait être ouvert au sein des locaux de la sous-préfecture de Saint-Denis ; à Bobigny, un pré-accueil sera censé fluidifier les files d’attente. Certains dossiers pourront être traités par voie postale, un accueil réservé aux handicapés et femmes enceintes devrait être ouvert, tout comme des sanitaires à l’extérieur.
« Ils sont en train de voir comment s’arranger mais pas avant 2014 », indique pourtant le représentant CFDT, à la suite d’un rendez-vous avec
le secrétaire générale de la préfecture, Arnaud Cochet.
Pourtant, la « réorganisation lourde » n’inclut pas l’augmentation des effectifs, seule façon de diminuer les files d’attente. La mise en application de la RGPP inquiète aussi le syndicaliste qui craint une réduction des effectifs :
« S’il y a une baisse du nombre de fonctionnaires, c’est du suicide, on va droit dans le mur ! »

Deux rendez-vous à Bobigny, un seul dans les autres préfectures

L’ouvrage de 42 pages intitulé « Etrangers : conditions d’accueil et de traitement des dossiers à la préfecture de Bobigny : l’indignité ! » dresse un état des lieux accablant. Non seulement les conditions d’accueil et surtout d’attente sont inhumaines mais, de plus, les délais de réponses et de traitement des dossiers « atteignent près d’un an ».
La cause principale : les pratiques préfectorales propres à Bobigny, plutôt que l’augmentation du nombre de demandeurs. Stéphane Maugendre, le président du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés), explique :
« Pour renouveler un titre de séjour, normalement, un rendez-vous suffit. Mais ici, ce sont deux qui sont nécessaires. Alors que dans certaines préfectures, la demande de renouvellement se fait par courrier ou par mail ».
La conséquence, c’est « deux fois plus de monde et pas assez de personnel » explique-t-il :
« Plusieurs centaines de cartes de séjour sont là, à la préfecture, mais il n’y a pas de fonctionnaires pour les distribuer. J’ai reçu des clients à qui on a attribué un titre de séjour expirant deux mois après. »


Salihan Maria et d’autres femmes dans la file devant la préfecture (Camille Garcia/Rue89)
Le livre noir propose une série de solutions concrètes, comme le traitement par e-mail, des informations sur les formalités à suivre en plusieurs langues, mais préconise, pour l’instant, de toujours venir accompagné d’un francophone si on ne maîtrise pas la langue.
Stéphane Maugendre :
« Depuis la loi de 2006 de Brice Hortefeux, les employeurs doivent faire parvenir à la préfecture une copie de titre de séjour de leurs employés. Et eux peuvent le faire par e-mail ou par fax, on ne leur demande pas de se déplacer.
C’est une excuse stupide de dire que les immigrés ne savent pas se servir d’Internet. La réalité, c’est qu’il y a une méfiance de plus en plus accrue vis-à-vis de l’étranger. »
 

Administration de la honte : ma femme et moi quittons la France

19-7-12

témoignage 19/07/2012 à 10h49

Arnaud99 | Migrant



Nos papiers
L’année passée, les deux témoignages de Florian Julien, confronté à « l’administration de la honte » à Antony (Hauts-de-Seine), publiés sur Rue89, m’ont beaucoup touché.
Je voudrais à mon tour vous partager une expérience similaire dans la sous-préfecture de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine).
C’est la troisième année que ma femme, avec mon aide, tente de renouveler son titre de séjour : je suis français, elle est américaine. Il y a trois ans, elle a obtenu sa mutation professionnelle sur Paris pour que l’on puisse vivre ensemble.
« UN pré-accueil toute la journée »
Joints par Rue89, les services de la sous-préfecture ont répondu point par point au témoignage d’Arnaud99 : « Il n’y a pas de possibilité de prendre rendez-vous par téléphone ou par internet, l’octroi d’une date de rendez-vous se faisant après vérification de la constitution du dossier, une préocédure de pré-accueil assurée toute la journée. » Yann Guégan
Nous étions tous le deux en CDI et propriétaires de notre logement – autrement dit, dans une situation qui nous semblait confortable. Mais malgré cela, un visa de travail était trop lourd à obtenir. Etant Français, nous avons préféré faire une demande de titre de séjour pour « rapprochement familial ».
Chaque année, il faut commencer par prendre rendez-vous pour faire la demande de titre de séjour : comme la plupart des villes françaises, notre commune ne permet pas la prise de rendez-vous en ligne.
En théorie, il est possible de le faire par téléphone, dans la réalité, les fonctionnaires de la préfecture ne le décrochent plus. Résultat ? Tout le monde se déplace.

Jamais sans mon carton de documents

Premier arrivé, premier servi : réveil aux aurores, donc, pour venir faire la queue dehors dans le froid (qu’il pleuve ou qu’il neige). Il faut penser à se munir d’une feuille et d’un stylo, pour que chacun note son nom et son ordre d’arrivée, sinon ce sera la loi du plus fort. Même quand vous êtes enceinte de six mois – comme c’était le cas de ma femme lors du dernier renouvellement. Visiblement, la préfecture défend l’égalité pour tous.
« Pas de surbooking »
Démenti de la sous-préfecture : « Une fois le rendez-vous donné, l’usager prend un ticket à la borne et passe au premier étage sans attendre. Il n’y a pas de surbooking, les rendez-vous étant échelonnés toutes les vingt minutes, mais il peut y avoir des dossiers qui nécessitent un temps d’examen plus long. » Y.G.
Démenti de la sous-préfecture : Après avoir fait la queue environ trois heures, on obtient enfin votre rendez-vous... deux mois plus tard ! Mieux vaut ne pas être pressé.
Deux mois plus tard donc, rebelote : réveil aux aurores pour recommencer à faire la queue.
Y compris quand le rendez-vous est à 9 heures : plusieurs dizaines de personnes ont rendez-vous, et il n’y a qu’entre un à six guichets ouverts (variable selon les RTT et congés maladies).
« Des listes identiques »
Démenti de la sous-préfecture : « Les documents demandés en sous-préfecture sont bien ceux publiés sur Internet. » Y.G.
Quand notre tour arrive, la fonctionnaire nous appelle. N’attendez ni humanisme, ni flexibilité de sa part.
Ce n’est pas son boulot : ces agents semblent être au service de leur employeur, pas à celui du peuple.
On commencera par vous demander toute une série de papiers. Un conseil : ne jamais se fier à la liste de documents que l’on vous donne lors de la prise de rendez-vous, ni à celle du site Internet de la préfecture (elles sont d’ailleurs toutes les deux différentes).
La première année, il nous manquait un document (qui ne figurait sur aucune liste), nous avons donc du recommencer, deux mois plus tard. Ma femme et moi avons donc retenu la leçon : nous ne nous déplaçons jamais sans notre carton de documents originaux, tous accompagnés de leur photocopie respective.

Le dossier est « perdu » chaque année

Une fois la procédure terminée, on nous indique que l’on reçoit un courrier pour venir chercher le titre une fois prêt. Vous pourrez alors refaire la queue pour venir le retirer. Il faut compter généralement, au mieux, deux mois de plus.
« Les femmes enceintes prioritaires »
Nouveau démenti de la sous-préfecture : « Bien sûr, l’accueil est priorisé. L’usager qui se signale (femme enceinte, personne handicapée...) est pris en charge en priorité. » Y.G.
Au mieux, car il y a plus dramatique. Chaque année, nous ne recevons ce fameux courrier. Parce que TOUS LES ANS, ils perdent notre dossier. A chaque fois, retour à la case départ.
Cette année, lorsqu’ils ont perdu à nouveau notre dossier, ils n’ont pas voulu s’occuper de ma femme en priorité, malgré ses six mois de grossesse : elle n’avait pas la « carte famille de priorité ». La taille de son ventre ne suffisait apparemment pas.

Vingt heures de démarches par an

Au total, c’est près de vingt heures de démarche chaque année (avec le temps de transport)... C’est donc aussi du salaire en moins pour chacun – nous n’avons jamais réussi à justifier à nos employeurs respectifs ces absences répétées.
« Conforme au guide de l’accueil »
La sous-préfecture confirme que pour « la délivrance d’un titre de séjour en qualité de conjoint de français, le guide de l’accueil des étrangers qui est appliqué par mes services invite bien l’agent de guichet à contrôler la présence du conjoint français lors du dépôt de la demande ». Y.G.
.Je dis « chacun », car moi aussi je dois être présent chaque année. Je dois attester que nous sommes toujours mariés et que nous vivons sous le même toit sous le régime de la monogamie. Il y a bien cette circulaire officielle de 2002 pour la « simplification des démarches administratives » qui m’autorise à ne pas me déplacer si je présente une attestation écrite sur l’honneur.
Mais non : ces fonctionnaires ne connaissent pas la circulaire (que nous avions imprimé) et n’ont donc pas voulu la recevoir... Certes, nul n’est censé ignorer la loi, mais cette règle ne s’applique apparemment pas pour tout le monde.

« 450 usagers par jour »
La sous-préfecture reconnaît que « la configuration des locaux ne permet pas un accueil dans les meilleures conditions de confort », et indique chercher « des locaux plus adaptés ».
Elle explique aussi avoir mis en place un premier accueil sur toute la journée, pour éviter à l’usager une attente inutile si son dossier n’est pas complet ; un accueil téléphonique l’après-midi ; le traitement de demandes de renseignements simples par e-mail ; un guichet dédié aux opérations simples comme les changements de domicile.
Et rappelle enfin qu’elle reçoit « chaque jour plus de 450 usagers, tous services confondus. Y.G.
Côté calendrier, le renouvellement du titre de ma femme est en décembre mais habituellement, nous finissions par l’obtenir en juillet. Cela dit je m’avance peut-être un peu : nous sommes en juillet et nous n’avons toujours pas reçu le fameux courrier indiquant que le titre est prêt. Ce sera donc plutôt pour août ou septembre...
Dire qu’il faudra recommencer trois mois plus tard. Car oui, même si le titre est valable un an, la date d’expiration n’est pas décalée s’il y a un retard dans la délivrance.
Chaque année, nous avons donc un titre pour six mois, puis en moyenne trois récépissés de deux mois qu’on nous renouvelle.
Quel gâchis de temps et d’argent pour l’Etat !
Je ne sais pas si c’était le but recherché, mais ils ont gagné : nous quittons ce pays qui ne veut pas de nous. Nous irons créer de la croissance et des emplois ailleurs. Je refuse d’être traité comme du bétail.
J’ai vécu dans six pays différents et aucun ne nous a traité ainsi : la rigidité bureaucratique, l’absence de conscience professionnelle et l’important absentéisme des fonctionnaires de cette administration ont eu raison de nous.
http://www.rue89.com/2012/07/19/administration-de-la-honte-ma-femme-et-moi-quittons-la-france-233775
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Témoignage 16/10/2011 à 12h10

Administration de la honte : onze heures de queue et une nuit dehors


Pour un simple document, Florian a dû passer la nuit dehors, dans le froid, avec des dizaines d’autres personnes, devant la sous-préfecture d’Antony. Récit.


Des gens attendent devant la sous-prefecture d’Antony, dans la nuit du 12 au 13 octobre (Florian Julien)
Dans son précédent témoignage, Florian racontait la galère que sa femme (japonaise) et lui ont dû affronter pour obtenir une copie du titre de séjour de celle-ci, après le vol de son sac à main. Arrivés très tôt deux matins de suite, la queue était trop longue et ils n’ont pas été reçus par la sous-préfecture d’Antony (Hauts-de-Seine). Ils ont donc convenu qu’il fallait passer la nuit devant l’administration, comme de nombreuses personnes, pour avoir une chance de pouvoir rentrer.
Refusant de laisser ma femme coucher dehors pour un coup de tampon sur une feuille, je m’y suis donc rendu dans la nuit du 12 au 13 octobre, à minuit. Voici le récit de ma nuit passée à faire la queue avec des dizaines d’autres étrangers.

Minuit, déjà du monde. Ambiance chaleureuse

Lorsque j’arrive devant la porte de la sous-préfecture d’Antony, située loin de tout commerce, restaurant ou café, une dizaine de personnes d’origines et de nationalités très différentes sont déjà présentes.
Mais contrairement à ce que j’imaginais, l’ambiance est plutôt chaleureuse et le petit groupe d’inconnus qui s’est formé discute joyeusement. Les anecdotes de chacun, les échanges sont souvent conclus par des éclats de rires collectifs. En fait, on ressent tous la même chose : ce soir, nous sommes frères, frères de galère. Et ça, forcément, ça rassemble. Je suis un peu rassuré. La nuit ne sera peut-être pas si longue. Ou plutôt non, elle sera juste un peu moins pénible...

1 heure du matin. Quelques gâteaux circulent

Une queue se forme et une trentaine d’individus campe déjà sur place, alignés. Tous sont là pour la même chose : entrer dans ce lieu qu’est la sous-préfecture d’Antony, symbole d’archaïsme administratif et coupable d’agissements graves sur des individus.
Certains ont apporté des chaises. Les autres sont assis sur les murets ou à même le sol. Il ne fait pas encore trop froid. Quelques gâteaux circulent. L’ambiance reste joyeuse et chaque nouveau galérien est accueilli chaleureusement par les autres. Ça ne va pas durer.

2 heures. Le calvaire d’une jeune étudiante brillante

A 2 heures du matin, la jeune fille située juste derrière moi et originaire d’un pays du Golfe reçoit un appel téléphonique. Le dialogue qui s’ensuit me paraît surréaliste. Ce que je retiendrai de celui-ci, c’est cette phrase :
« Oui, oui C’est bon ! Je suis trop contente, je suis dans les vingt premiers ! Cette fois, je crois que ça passera. Ouais, bonne nuit ! »
Comment peut-on décemment être « trop contente » de passer la nuit dehors pour quelques formalités administratives de base ?
Voulant éclaircir le mystère de cette joie insensée, j’entreprends une discussion plus sérieuse avec cette jeune femme, qui s’avère être une étudiante brillante, parfaitement trilingue et suivant des cours dans une grande école. Elle me relate son expérience :
« En fait, c’est le cinquième jour que je fais la queue. La première fois, la personne du standard téléphonique d’Antony m’a dit de me présenter à la sous-préfecture, en me conseillant cependant de “venir un peu en avance, car il y a un peu de monde le matin”. Je suis donc arrivée à 8 heures, soit 45 minutes avant l’ouverture. En découvrant qu’il y avait 300 personnes, j’ai halluciné. Evidemment, on ne m’a pas fait entrer.
Je suis donc revenue le lendemain, à 7 heures. Là encore, trop de monde. Le surlendemain, je suis venue à 6 heures. Idem, impossible d’entrer. Le quatrième jour, je suis donc arrivée à 4h30, pensant que cette fois, ce serait bon ! Mais je suis repartie en pleurant, dégoûtée de m’être derechef fait renvoyer !
Cependant, comme la loi m’oblige à faire cette foutue démarche, je n’ai pas eu le choix : ce soir, je dors devant la porte de la sous-préfecture. Mais je suis bien contente d’être dans les premières ! Et puis ne nous plaignons pas. Il ne pleut pas, il ne gèle pas. Ça pourrait être pire… »
Et quand je lui demande ce qu’elle est venue faire exactement comme démarche, sa réponse a de quoi choquer davantage :
« Oh, je suis juste venue pour faire un changement d’adresse sur ma carte de séjour. Je viens de déménager... »

3 heures. Il fait froid. Nous sommes 65.

Pendant que nous discutons et refaisons le monde, d’autres personnes continuent d’affluer. Il est 3h30 du matin et il commence vraiment à faire froid. Tout devient calme.
Certains étalent des journaux sur le béton et s’allongent, comme des SDF. Tous se réchauffent avec leurs gros pulls apportés pour l’occasion. Deux jeunes femmes grelottent sous leurs couvertures et l’une d’elle lance, sans que personne ne le remarque :
« Nous sommes déjà environ 65 et nous n’osons même pas nous avouer la cruelle réalité qui nous fait face : dans vingt ou trente minutes, tous ceux qui débarqueront ici ne seront pas garantis de pouvoir entrer dans la sous-préfecture. Cette dernière n’accepte en effet que 80 personnes en moyenne par jour. »

Une jeune femme essaie de dormir devant la sous-prefecture d’Antony, dans la nuit du 12 au 13 octobre (Florian Julien)

4h30. Déjà trop de monde

Je suis fatigué mais je n’arrive pas à fermer l’œil. La file s’étend désormais jusqu’au coin du bâtiment. Je quitte mon rang pour me dégourdir les jambes et je discute avec un Vietnamien et un Congolais qui viennent d’arriver. Ils ne sont pas certains d’être dans la partie qui parviendra jusqu’au guichet. Mais ils restent dans la queue, car ils espèrent.
Le Congolais, chef d’entreprise, m’explique :
« La situation est intolérable. Je suis un homme d’affaires e t j’ai vécu quinze ans dans plus de cinq pays. La France est le seul qui ne permette pas de faire de telles démarches par Internet. Ou au moins une partie ! On ne peut même pas imprimer les formulaires en avance !
Mais personne ici n’ose crier son dégoût. Parce que si tu fais trop de bruit dans un établissement public, un vigile te tombe dessus et tu es mis dehors. Donc tu n’as pas d’autre choix que de l’écraser. »

7 heures. 250 personnes

J’ai somnolé trente minutes et je suis éreinté. Tous mes voisins sont recroquevillés sous leurs couvertures. Deux Coréennes regardent sans se lasser des films sur leur ordinateur portable depuis minuit. Les batteries d’ordinateur sont visiblement plus résistantes que nous.
Je lève la tête et je constate que la file est désormais immense. L’ambiance n’est plus vraiment à la solidarité car on ressent une concurrence féroce entre toutes les personnes présentes. Chacun se dévisage et les regards en disent long : il vaut mieux être devant que derrière son prochain.
Mais de toute façon, c’est peine perdue, les trois-quarts n’entreront pas aujourd’hui dans la sous-préfecture. Il reste 2h45 avant que les portes ne s’ouvrent... Il fait froid. Ma femme m’envoie un texto. Elle est dans le RER et arrive avec quelques croissants à distribuer. Le jour se lève.

8h20. Je cède ma place à ma femme

J’ai la tête vidée. Un vigile et une jeune policière arrivent pour organiser la file d’attente qui dépasse sûrement les 300 personnes. On sent que la situation est un peu tendue mais les deux représentants de l’ordre public sont aimables. Tout se passe bien.
La plupart des hommes de nationalité française ayant couché ici pour permettre à leurs femmes de rester au chaud cèdent leur place. Moi aussi, je laisse ma femme prendre ma position. Mon épouse est extrêmement gênée et presque honteuse de pouvoir passer devant tous ces gens qui ont attendu si longtemps dehors…

8h45. Au compte-goutte... l’indignation règne

Les portes ouvrent à l’heure, à 8h45, et nous passons au compte-goutte. J’ai beau être arrivé le dixième hier soir, ma femme reçoit le numéro 20. Les dix autres étant des femmes enceintes et des personnes jugées prioritaires. On nous annonce qu’il nous faudra cependant attendre environ deux heures supplémentaires pour qu’un guichet se libère. Pour moi, cette attente interminable devient un supplice. Pour les autres aussi. Mais au moins, il fait chaud à l’intérieur du bâtiment.
Dehors, l’indignation règne. Plus de 220 personnes se voient refoulées et on leur demande de revenir plus tôt le lendemain. Certaines femmes, pourtant arrivées vers 5h30, se mettent à pleurer. Je constate avec aberration que plutôt que de remettre en question ses prestations de service (inexistant), l’administration française préfère faire jouer la surenchère du « lève tôt ». Je me dis qu’à ce rythme, il faudra bientôt passer deux nuits dehors pour espérer entrer dans ce fichu bâtiment.

11 heures. Amabilité et service minimum

Il est 11 heures pile et notre numéro est enfin appelé. L’accueil que nous réserve la guichetière est glacial. Je ne distingue même pas son « bonjour ». En dix minutes, tout est réglé. Ma femme obtient le récépissé pour sa carte de séjour volée dans le métro parisien.
Pour ne pas avoir à revenir dans cet enfer et par manque d’informations précises, nous avons apporté le maximum de documents. Et la guichetière a visiblement trouvé utile de nous le faire remarquer. D’un ton extrêmement désobligeant, elle nous lance :
« C’est juste pour un duplicata, pas une demande ! Je n’ai pas besoin de tout ça ! »
L’amabilité cadavérique de cette femme contraste terriblement avec la magnifique tenue colorée antillaise qu’elle porte sur elle. 
La fatigue m’est finalement d’une grande utilité : je n’ai même pas la force de lui balancer à la figure tout le bien que je pense de son manque de recul, de courtoisie et de considération.

Une jeune femme essaie de dormir devant la sous-prefecture d’Antony, le matin du 13 octobre (Florian Julien)

A 11h05, la queue s’est volatisée

Je viens de faire onze heures de queue, dans le froid, uniquement pour déposer quatre malheureuses photocopies (facture EDF, passeport, déclaration de vol, et trois photos d’identité.). La présence du demandeur étant obligatoire, il n’est même pas possible d’envoyer simplement ces documents par La Poste.
A l’extérieur, tout est étrangement désert. La queue s’est volatilisée.
En tout, nous avons attendu 23 heures en espérant pouvoir entrer dans ce Disneyland de l’administration française. Mais avec les manèges, l’accueil et les rires en moins...
Pour info, la démarche que nous venons d’opérer va nous coûter 155 euros. Et cette somme qui nous est demandée me laisse une nouvelle fois un arrière-goût amer dans la bouche. J’ai un peu l’impression d’avoir payé une chambre d’hôtel. Sauf que les piaules du prestigieux « hôtel France » sont collectives, à la belle étoile et qu’en guise de matelas, on nous offre une dalle en béton.
Y a des gens qui intenteraient des procès pour moins que ça. Le sous-préfet d’Antony, lui, il continue de dormir sur ses deux oreilles de Mickey.

dimanche 22 juillet 2012

Olympia: Gian lận Medicaid, 2 bố con vào tù…

Tuesday, 17 July 2012 01:24
VietSeattle.us – Theo văn phòng Bộ Tư Pháp tiểu bang Washington, ông bố và cô con gái đều nhận tội gian lận Medicaid lên tới trên 100 ngàn Mỹ kim vào hôm nay, thứ hai, và phải vào tù, phải bồi thường và chịu thêm tiền phạt.
Số tiền mà hai bố con gian lận dùng để mua nhiều thứ, trong đó có ngôi nhà trên sân golf, và vé Seahawks,…
Ông bố là Jeffrey Edgington thú nhận có tội trong 4 tội ăn cắp và 4 tội nộp hồ sơ gian lận Medicaid. Cô con gái tên là Crystal Edgington thú nhận có tội đối với 4 tội ăn cắp và 2 tội đã khai gian.
Cả hai đều bị xử ngồi tù 30 ngày, 6 tháng quản chế, và trả tiền gian lận lại cho tiểu bang, và thêm tiền phạt và lệ phí là 800 Mỹ kim.
Vụ gian lận này kéo dài từ tháng 5/2008 cho đến tháng 1/2012.
Crystal Edgington gửi hóa đơn cho Medicaid về những khoản tiền mà cô ta lẽ ra phải chăm sóc cho mẹ của cô, cũng là vợ của ông Jeffrey Edgington. Sau khi nhận tiền, cô đã đưa tiền cho ông Jeffrey Edgington, nhằm tránh luật liên bang vì luật này quy định là không có trả tiền cho vợ chồng chăm sóc lẫn nhau.

Thật ra, cơ Crystal đang làm cộng việc khác nhưng đã khai rằng ở nhà chăm sóc mẹ. Vụ gian lận này bị lộ tẩy khi mà cô Crystal khai rằng ở nhà chăm sóc cho mẹ và gửi hóa đơn cho Medicaid, trong lúc đó mẹ cô thật sự đang nằm trong bệnh viện.
Trần Thị Sông Dinh


Siêu giàu 'giấu' $US21.000 tỷ để né thuế

Cập nhật: 14:37 GMT - chủ nhật, 22 tháng 7, 2012

Đô la
Người chấp bút báo cáo James Henry nói 21.000 tỷ là ước tính khiêm tốn
Một báo cáo nói những người siêu giàu trên thế giới đã để ít nhất 21.000 tỷ đô la ở những 'thiên đường thuế', những nơi có mức thuế bằng không hay không đáng kể, tính tới cuối năm 2010.
Con số này tương đương với độ lớn của hai nền kinh tế Hoa Kỳ và Nhật Bản gộp lại.
Báo cáo 'The Price of Offshore Revisited', tạm dịch 'Định lại Giá Tài sản Ngoại biên', do ông James Henry, cựu kinh tế gia trưởng của công ty tư vấn McKinsey chấp bút và do Tax Justice Network (Liên minh Thuế Công bằng) đặt hàng.
Ông Henry lấy số liệu từ Ngân hàng Thanh toán Quốc tế, Quỹ Tiền tệ Quốc tế, Ngân hàng Thế giới và các chính phủ để viết ra báo cáo.
Theo ông, con số 21.000 tỷ đô là là đánh giá khiêm tốn vì con số thực có thể lên tới 32.000 tỷ đô la.
Nghiên cứu của ông chỉ đề cập tới tài sản tài chính có trong tài khoản tiết kiệm và tài khoản đầu tư chứ không bao gồm các tài sản khác như bất động sản hay thuyền buồm.
Báo cáo được đưa ra giữa lúc chính giới và công chúng ngày càng lo ngại về tệ trốn và tránh thuế.
Một số chính phủ, chẳng hạn ở Đức, thậm chí đã trả tiền để có thông tin về những người trốn thuế.
'Hố đen lớn'
Tổ chức đặt hàng báo cáo, Tax Justice Network, luôn vận động để bãi bỏ các thiên đường thuế.
Ông Henry nói những người siêu giàu đã chuyển tiền quanh thế giới qua mạng lưới những chuyên gia chuyên nghiệp về ngân hàng, kế toán và pháp lý.
Ông nói: "Thu nhập thuế mất đi theo ước tính của chúng tôi là khổng lồ.
"Nó lớn tới mức có thể ảnh hưởng lớn tới tài chính của nhiều nước."
Ông Henry ước tính rằng kể từ thập niên 1970, các công dân giàu nhất của 139 nước đang phát triển đã tích được từ 7.300-9.300 tỷ đô la "tài sản ngoại biên không chứng từ" tính tới năm 2010.
Theo ông, các tài sản tư nhân giữ ở nước ngoài là "hố đen lớn trong kinh tế thế giới".
Các phát hiện khác của báo cáo bao gồm:
  • Vào cuối năm 2010, riêng 50 ngân hàng tư nhân đã quản lý hơn 12.100 tỷ đô la tài sản đầu tư xuyên biên giới cho khách hàng tư nhân.
  • Ba ngân hàng tư nhân liên quan nhiều nhất tới tài sản ngoài biên giới là UBS, Credit Suisse và Goldman Sachs.
  • Gần 100.000 người trên thế giới sở hữu khoảng 9.800 tỷ tài sản ngoại biên.

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